Conservation du faisan d’Edwards : le point fin 2013

Alain Hennache


 

Au niveau de l’ex situ, le studbook international du faisan d’Edwards été repris par Chris Holmes du Zoo de Houston (USA). En Europe, un registre des oiseaux gardés par les éleveurs est tenu par Ivan Roels (WPA Benelux) et chaque pays a choisi un coordinateur - Laurent Fontaine pour la France. L’EEP a été attribué à Tom Kapic du Zoo de Prague.


 

Au niveau de l’in situ, une réunion a eu lieu à Hanoï les 18-19 septembre 2013 dans le but de réunir toutes les organisations et personnalités pouvant agir au Vietnam et de proposer un plan de conservation in situ. Cette réunion était organisée par l’IUCN Galliformes Specialist Group, hébergée par le bureau vietnamien de l’UICN, la logistique étant assurée par le centre vietnamien de conservation pour la nature. Elle a réuni les directeurs et l’encadrement technique des parcs nationaux et réserves vietnamiennes, des représentants du ministère de l’environnement vietnamien, de Birdlife, du Zoo d’Hanoï et des universités. Le manque de connaissance sur les besoins écologiques de cette espèce est apparu comme un premier handicap. La priorité a été donnée au recensement des habitats où le faisan d’Edwards pourrait survivre, à la recherche de micro populations et à l’inventaire des menaces qui pèsent sur cette espèce. La réintroduction a été évoquée mais dans une étape ultérieure.


 

Les premières analyses ADN ont été effectuées par le laboratoire BioGenomics à Louvain (B) sur 13 échantillons dont deux provenant du Zoo de Hanoï et 11 d’Europe en choisissant des individus aussi diversifiés que possible. Ces analyses ont testé les microsatellites choisis pour le programme « Tragopans » mis en place en Belgique (WPA & Aviornis) ; sur les huit microsatellites testés, seuls quatre sont utilisables sur le faisan d’Edwards, révélant respectivement six, quatre, trois et deux allèles. Ceci est bien entendu insuffisant pour étudier la diversité d’une population mais ces analyses ont montré qu’il existait encore une certaine hétérozygotie dans la population captive et que les 13 échantillons se répartissaient en cinq groupes bien distincts.

Les 13 échantillons analysés se répartissent en 5 groupes


 

BioGenomics a donc proposé de rechercher des microsatellites spécifiques du faisan d’Edwards sur des oiseaux aussi diversifiés que possible, incluant cette fois des échantillons américains, 14 étant arrivés en Europe cet été, et d’y ajouter des échantillons de faisan de Swinhoe et de faisans du Vietnam.

Les avantages de cette recherche sont multiples :

    • en disposant de microsatellites spécifiques du faisan d’Edwards il serait possible de tester n’importe quel individu, vérifier sa pureté et son hétérozygotie

    • elle permettrait de savoir enfin si le faisan du Vietnam a gardé des microsatellites spécifiques

C’est un véritable programme de recherche que propose BioGenomics et, bien sûr, il a un coût : le devis est de 11000 euros, uniquement pour la recherche d’un panel de 12 microsatellites, somme qu’il faut réunir avant le début des travaux. Les organismes participant au financement seront les chapitres WPA européens, des ONG, des mécènes et sponsors ; des sociétés d’aviculture ont été contactées aux USA (American Pheasant and Waterfowl Society et Carolina-Virginia Pheasant and Waterfowl Society) ; les zoos européens sont susceptibles de fournir aussi une aide financière. Une recherche de sponsors pourrait éventuellement être lancée via les réseaux sociaux. Pour sa part WPA France a versé 2000 euros et prévu une rallonge éventuelle de 1000 euros en cas de besoin.


 

Dernier point, le croisement expérimental faisan d’Edwards X faisan du Vietnam, afin d’étudier la transmission des rectrices blanches. Six couples avaient été formés au printemps 2013 : 1 chez Firmin Roels, 1 chez Ludo Pinceel, 2 chez Heiner Jacken et 2 au parc de Clères. Les résultats sont encourageants puisque 14 jeunes (7,7) ont été élevés jusqu’au stade subadulte : 6 chez Mr Roels, 1 chez Heiner et 7 à Clères. Mâles et femelles vont être soigneusement suivis au cours des deux prochaines années afin de détecter la moindre plume blanche. Un croisement de back-cross, hybride X faisan d’Edwards ou hybride X faisan du Vietnam, est envisagé pour la saison de reproduction 2015.


 

En attendant, nous recommandons à tous les éleveurs de bien élever séparément faisan du Vietnam et faisan d’Edwards afin de ne pas compliquer une situation déjà assez confuse au niveau génétique et coûteuse au niveau des analyses.

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