Site prévu pour la construction du centre d’élevage, © Zhang Jing

Une station d’élevage pour le faisan d’Edwards dans la Province de Quang Binh

 

Alain Hennache

VietNature vient d’obtenir la concession de cinq hectares de terrain dans la province de Quang Binh après accord du Conseil populaire et du Comité populaire de la province. Trois hectares seront affectés à la station d’élevage pour le faisan d’Edwards et deux autres à un centre d’éducation à l’environnement pour les visiteurs. Ce site, accessible par une bonne route, est situé à 50 km de Dong Hoi (une heure de voiture) et à quelques kilomètres des bureaux de VietNature dans le district de Le Thuy. Il est à environ deux heures d’Hanoi, après une heure de vol et une heure de voiture.

Il s’agit d’un terrain d’abord défriché pour accueillir une plantation d’acacias. Son couvert actuel ne correspond pas à celui du milieu naturel où vivent habituellement les faisans d’Edwards mais il a l’avantage d’avoir des réseaux déjà installés et d’être situé près d’un village et d’une école. Une station d’élevage à cet endroit permet d’élever des faisans d’Edwards en diversifiant les installations au Vietnam, de multiplier les individus intéressants trouvés après analyse génétique et de déjà faire une large place à la réapparition de comportements naturels comme la couvaison et l’élevage des jeunes.

 

VietNature veut profiter de l’année 2017, qui est placée sous le signe du coq dans le calendrier chinois (qui signifie année de réussite, d’entrain et d’enthousiasme), pour débuter la construction des premières volières au printemps 2017 grâce à une donation de 20000£ de la WPA internationale et à quelques fonds privés.

Il s’agit d’un bloc de six volières de 50m² chacune communiquant avec six volières plus petites de 10m² chacune, réservées aux jeunes élevés. La conception de l’ensemble est proposée par la WPA et fait l’objet de discussions pour bien aborder les problèmes posés par l’élevage en milieu tropical naturel : matériel de construction, protection contre les prédateurs (et contrôle), sol et écoulement des eaux, alimentation, etc. Pour l’instant le projet donne la priorité à une solide enceinte extérieure anti-prédateurs (béton enterré et double clôture électrique basse et haute) munie d’une seule porte d’accès étanche et à des cloisons intermédiaires plus légères, non rectilignes mais implantées en zig-zag de façon à dégager des recoins plantés ou non, pouvant abriter un nichoir et permettant aux oiseaux d’échapper à la vue de congénères ou de l’homme. Il existe aujourd’hui des précédents, bons ou mauvais, de volières d’élevage construites en milieu naturel hostile qui permettent de dégager une expérience intéressante. Ces volières sont uniquement destinées à la multiplication des faisans génétiquement intéressants ; les volières de pré-lâchers devraient être construites de façon plus légère, filets recouvrant la végétation naturelle par exemple, non loin du lieu de réintroduction, avec pour objectif principal l’acquisition totale de comportements naturels.

 

Outre le financement, de nombreux problèmes annexes se posent dont la formation d’un personnel ne parlant que le vietnamien et n’ayant aucune expérience de l’élevage des faisans. L’incubation naturelle est aussi susceptible de poser des problèmes ; des faisans ayant vécu en captivité sous climat tempéré depuis presqu’un siècle, ayant donc subi une forte pression de sélection, sauront ils s’adapter pour couver leurs propres œufs et élever leurs jeunes sous climat tropical ? Le faible succès d’élevage au zoo de Hanoi permet de se poser la question. Le recours éventuel à l’incubation artificielle pour multiplier les gènes des oiseaux intéressants se heurte au même problème des facteurs climatiques.

Certes le personnel du zoo de Hanoi sera partie prenante dans ce projet mais il est plus que probable qu’un éleveur expérimenté (issu de la WPA ?) devra être présent sur place pendant quelques mois pour former le personnel et mettre en place le centre d’élevage.

 

VietNature a prévu la réunion annuelle du groupe de travail pour le faisan d’Edwards en mai 2017 dans la Province de Quang Binh. Il espère lancer la construction de la station d’élevage à cette occasion. Le président du Comité du Peuple de Quang Binh, supporter ardent de VietNature, devrait assister à cet événement de même que un ou plusieurs représentants de la WPA.

 

Un accord de collaboration en divers domaines a déjà été signé entre VietNature et le Zoo de Hanoi.

D’autres accords devraient être signés entre VietNature et la WPA d’une part et entre VietNature et des organismes techniquement qualifiés (EAZA ?) d’autre part pour une collaboration avec le zoo d’Hanoi et VietNature dans la gestion quotidienne de la station d’élevage, bien que ce ne soit pas une condition sine qua non.

Par ailleurs, la forêt de Khe Nuoc Trong, où VietNature a une concession de 30 ans pour 768 ha et où la réintroduction du faisan d’Edwards est envisagée, est le seul site au Vietnam à confirmer la présence récente du Muntjac géant, classé comme « Critique » sur la liste rouge. Au-delà du faisan d’Edwards ceci pourrait donner lieu à une collaboration avec des ONG intéressées.

 

Un autre problème est l’origine des oiseaux qui seront placés au centre d’élevage (les fondateurs). Certes les études ADN montrent que plusieurs couples sont génétiquement intéressants mais les problèmes de transport sont de plus en plus importants surtout avec les recrudescences de grippe aviaire et maladies diverses, dont la maladie de Newcastle. Le zoo de Hanoi devrait fournir une partie du cheptel de départ. Reste à savoir si la WPA et l’EAZA pourront fournir les animaux complémentaires dans le cadre de la réglementation internationale.

 

Une première estimation financière a été faite : elle est de un million de dollars répartis sur huit ans. VietNature recherche donc des fonds à la fois pour la station d’élevage et pour le centre d’éducation à l’environnement. La somme globale à investir peut sembler élevée mais l’important est de démarrer le projet rapidement, sous forme d’une petite structure qui pourra grandir au fur et à mesure des financements disponibles.

Plan des volières modulaires prévues pour accroître rapidement le nombre de faisans d'Edwards reproducteurs. Volières principales de 10mx5m (50m2) et petites volières pour l'élevage des jeunes de 5mx2m (10m2).

Site prévu pour la construction du centre d’élevage, © Zhang Jing

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