Programmes d’élevages et studbooks du faisan d’Edwards et du faisan du Vietnam

 

Laurent Fontaine

 

En acceptant il y a deux ans de participer à la reprise de ces dossiers, j’imaginais que la tâche ne serait pas aisée, mais j’étais loin d’appréhender toute sa complexité. J’espère, par cet article, clarifier la situation, partager les connaissances disponibles sur l’élevage de ces espèces et donner à ce projet l’essor qu’il mérite.

 

Collaboration entre zoos et éleveurs privés 

Le faisan d’Edwards (Lophura edwardsi), espèce endémique du Vietnam, est probablement éteint dans la nature. Le faisan du Vietnam (nommé jusque-là Lophura hatinhensis), découvert très tardivement, s’avère être une forme « dégénérée » du faisan d’Edwards qui a muté sous la pression de la consanguinité subie par la population résiduelle de faisan d’Edwards. Mais cette population présente quand même un intérêt car il s’agit probablement des derniers Edwards « sauvages » ; leur patrimoine génétique est donc important. Aucun oiseau n’ayant été observé depuis la fin des années 90, le statut « en danger critique d’extinction » de l’espèce est en voie de passer à « éteint à l’état sauvage ». Avant qu’elle ne soit totalement éteinte, il nous reste une chance : une population captive de faisans d’Edwards et une autre de faisans du Vietnam. Dans le domaine de la conservation en captivité (ou conservation ex-situ) le faisan d’Edwards a la particularité d’être géré conjointement par les zoos et par des éleveurs privés (membres ou non des différents chapitres WPA). La difficulté est de concilier les spécificités de ces deux milieux, qui ne sont pas suffisamment préparées à travailler ensemble, pour arriver à gérer l’avenir de cette espèce.

Au sein de la WPA-France, nous communiquons régulièrement sur la conservation in-situ et ex-situ (cela fait partie des buts de notre association) mais quand il s’agit de mise en pratique, il est parfois difficile de s’y retrouver quand on n’est pas habitué au jargon « zoologique ». Les sigles et termes anglo-saxons sont nombreux, ce qui complique parfois la tâche. Alors commençons par quelques définitions pour mieux comprendre le monde des zoos :

  • AFDPZ : l’Association Française Des Parcs Zoologiques a été fondée en 1968 par Jean Delacour (l’édition de sa biographie nous réserve beaucoup de surprises !). Elle fédère désormais un grand nombre de zoos et aquariums français. L’affiliation d’un zoo ou d’une collection n’est pas automatique et est soumise à étude, ce qui en limite l’accès des petites structures ou ne respectant pas l’éthique de l’association.

  • EAZA : European Association of Zoos and Aquariums, l’Association Européenne des Zoos et des aquariums. De la même manière, elle fédère les zoos en Europe. Son intégration est basée sur le même principe que la précédente et permet théoriquement la défense des valeurs éthiques des zoos modernes européens.

  • WAZA : World Association of Zoos and Aquariums, l’Association Mondiale des zoos et Aquariums. Elle regroupe l’EAZA et ses homologues des autres continents pour établir une politique internationale des zoos.

  • TAG : Taxon Advisory Groupe que l’on pourrait traduire par Groupe de Travail par Intérêt Taxonomique. Les TAG s’occupent, au sein de l’EAZA, du suivi et de la gestion de toutes les questions relatives à la conservation et à l’élevage d’un groupe d’espèces ; dans le cas de l’Edwards, il est suivi par le TAG Galliformes. C’est à ce niveau que nos deux milieux se rejoignent, car la direction du TAG Galliformes est partagée par la WPA (Ludo Pinceel de la WPA-Benelux) et les zoos (Jan Dams du Parc Ornithologique de Walsrode). C’est au niveau du TAG que sont initiés et mis en place les Programmes Européens d’Elevage (EEP) et que sont désignés les différents coordinateurs.

  • EEP : Programme Européens d’Elevage. Ils ont pour but de conserver 90% du patrimoine génétique d’une population captive d’une espèce sur une période de 250 ans… temps durant lequel on espère, pour les espèces menacées, avoir réhabilité leur biotope et avoir supprimé les causes de leur extinction. Sous cette définition qui peut paraître utopique se cache la réalité de la captivité et de l’avenir de nos animaux. L’éthique des zoos, et indirectement de l’élevage amateur, a subi de grands bouleversements depuis les années 70. La prise de conscience que les animaux n’étaient pas des « ressources » inépuisables a marqué un grand virage dans la gestion de la faune en captivité. Avec ce changement et le développement des connaissances scientifiques, l’animal est devenu un élément d’une population. La gestion des cheptels captifs s’est centrée sur la conservation du patrimoine génétique de la population, utilisant les statistiques pour limiter au maximum la perte de variabilité génétique. Dans notre jargon d’éleveurs nous traduisons cet appauvrissement génétique d’une population par la consanguinité.

  • StudBook : livre généalogique qui regroupe tous les individus recensés et leur filiation. Il peut être de niveau Européen (ESB) ou International (ISB), comme dans le cas de l’Edwards. C’est la base du travail de gestion du patrimoine génétique de nos populations ; sans cette base de données, impossible d’établir les filiations exactes qui lient les oiseaux et de calculer les taux de consanguinité, que l’on doit garder les plus bas, pour l’appariement des jeunes.

  • Coordinateur : il coordonne… soit un studbook, soit un EEP, soit les deux à la fois (là ça se complique !). A ne pas confondre avec le Curateur qui, dans un zoo gère un groupe d’espèces : oiseaux, primates, reptiles.... Dans le cas qui nous intéresse, Alain Hennache était coordinateur de l’EEP de l’Edwards et des ISB de l’Edwards et du Vietnam: une personne qui gère tout c’est simple, mais très prenant ! Désormais, Chris Holmes du zoo de Houston (USA) est le coordinateur des deux Studbooks (ou Studbook Keeper en anglais) et Tomas Kapic du zoo de Prague (République Tchèque) est coordinateur de l’EEP de l’Edwards. Sous l’impulsion de l’ECBG (groupe de travail sur la conservation ex-situ de la WPA), un échelon s’est rajouté depuis deux ans avec la mise en place de coordinateurs régionaux. C’est mon rôle pour la France et notre but est de faciliter le travail des coordinateurs en récoltant les informations et en redistribuant les recommandations de placements.

  • Guidelines et recommandations : c’est ce que le coordinateur transmet aux participants au programme. Les guidelines correspondent aux recommandations d’élevage : conditions particulières d’élevage, problèmes sanitaires particuliers… tout ce qu’il faut savoir pour bien élever et gérer l’espèce concernée en captivité. Les recommandations concernent le placement des animaux, établies après le calcul statistique de la consanguinité. Nous verrons dans le bilan 2013 les difficultés liées aux oiseaux qui nous intéressent.

  • ISIS, ARKS et ZIMS : ’International Species Information System est un réseau international auquel peuvent adhérer les zoos du monde entier et qui met en commun les données des collections animales à travers le monde. C’est l’annuaire et le fichier de localisation de tous les animaux des zoos travaillant sous l’égide de l’EAZA et de ses homologues à travers le monde. Pour arriver à gérer cette énorme masse de données et pour une telle variété d’espèces, un premier logiciel a été mis en place : ARKS. Il permettait à chaque zoo d’enregistrer les informations nécessaires à ce travail (date de naissance, origine, identifications, filiations, données d’élevage…) sous des formes normalisées qui pouvaient ensuite être mises en parallèle pour toutes les collections. Ainsi, via le net, n’importe quel membre de ce réseau avait accès à toute information, sur n’importe quel animal, où qu’il se trouve dans le monde ! Un nouveau logiciel, ZIMS (Zoological Information Management System) plus puissant et intégrant plus de données (historique vétérinaire, zoologie, éthologie…) remplace désormais ARKS. La limite de ce système, à l’image du recensement annuel que nous menons, est la qualité et la régularité de mise à jour de ces données par chaque institution.

 

Statut réglementaire 

Le faisan d’Edwards est en annexe I de la CITES (niveau international), en annexe A et annexe X du Règlement Européen CE 1808/2001 de la Commission du 30 août 2001 (niveau européen) et reprise dans l’annexe 1 et dans le tableau A de l’arrêté du 10 août 2004 (niveau français).

Le faisan d’Edwards est une espèce à marquage obligatoire (annexe X du règlement CE et annexe 1 de l’arrêté du 10 août 2004). L’annexe X ne s’applique que si l’oiseau est marqué de façon réglementaire (attention pour les oiseaux bagués hors hexagone) ; si ce n’est pas le cas, il peut être marqué conformément à l’arrêté du 10 août 2004 (bague ouverte ou transpondeur) en n’oubliant pas, dans ce cas, de faire établir une déclaration de marquage (Cerfa n°12446*01). En l’absence de marquage réglementaire, il faut faire une demande de CIC (Certificat Intra-Communautaire) auprès de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement)… mais cette dernière vous renverrait au point précédent, c’est à dire nouveau marquage et déclaration de marquage. A noter que l’annexe X est un texte européen ; les oiseaux d’annexe I de la CITES restent soumis à un permis CITES hors de la Communauté Européenne (la Suisse par exemple). La détention du faisan d’Edwards ne nécessite ni APD (Autorisation Préfectorale de Détention), ni CC (Certificat de Capacité) à condition que votre collection respecte le quota de 100 oiseaux (annexe/tableau A de l’arrêté du 10 août 2004). Au-delà de ce quota, vous passez de « l’élevage d’agrément » à « l’établissement d’élevage » et vous êtes soumis aux réglementations qui lui sont relatives. Par contre, à partir d’un sujet, il est obligatoire de tenir un registre entrée/sortie (Cerfa n°12448*01) qui permet de justifier d’un inventaire permanent, et ceci même pour un élevage d’agrément. Comme pour l’échange (à titre gratuit ou non) de tout animal non domestique, il faut établir un certificat de cession, attestant de l’origine licite de l’animal dans votre élevage et assurant sa traçabilité (modèle CERFA n°14367*01). Enfin pour des échanges hors hexagone, il faut attester de la qualité sanitaire de l’oiseau : soit par un certificat vétérinaire ou mieux, un document TRACES (TRAde Control and Expert System). Dans ce domaine, prévoyez vos démarches à l’avance en consultant votre DDCSPP locale.

 

En résumé :

- Marquage obligatoire de tous les sujets

- Bague réglementaire fermée de diamètre 12mm posée vers la 8éme semaine.

- Tenue d’un registre entrée/sortie.

- Certificat de cession ou facture.

- Pas besoin de CC, dans la limite du respect du quota de 100 sujets

- Pas besoin d’APD.

- Certificat vétérinaire hors de la France

- CITES en dehors de l’Europe.


Le Statut du faisan du Vietnam est théoriquement plus simple car il n’est repris qu’à l’annexe B du règlement CE, mais n’oublions pas que sa vraie identité le fera un jour ou l’autre réintégrer le statut de son espèce, celle de l’Edwards. Donc, prenons les devants en lui appliquant dès maintenant la réglementation de l’Edwards.

Données d’élevage 

Je ne vais pas reprendre ici toutes les données de biologie « de base » de cette espèce et je vous renvoie vers notre site Internet et vers la Monographie des Faisans d’Hennache & Ottaviani. Plutôt, intéressons-nous aux particularités qui influent sur sa gestion en captivité.

  • Comportement : Le faisan d’Edwards est une espèce relativement facile à élever parmi les espèces du genre Lophura (faisans argentés, faisans à dos de feu, Kalijs…) mais présente tout de même quelques difficultés, communes à son genre, des relations intra spécifiques parfois brutales, en particulier chez les mâles adultes. C’est une espèce principalement monogame en captivité et le mâle participe même à l’élevage des jeunes. Ce qui n’empêche pas certains sujets d’agresser la poule lors de l’incubation ou les poussins. Dans ce cas, il est préférable de séparer le mâle pendant l’incubation et l’élevage des jeunes et de ne le réintégrer avec sa femelle qu’au début de l’automne. Ce tempérament violent des mâles dans la force de l’âge n’est pas une fatalité mais touche de nombreux sujets, en particulier élevés à la main. Ce caractère a entraîné un déséquilibre dans le sex-ratio de notre population : les mâles finissant par tuer leur femelle ont fait augmenter le nombre de mâles dans la population. Il pose également un problème lorsqu’il s’agit de rapparier un mâle adulte célibataire, à fortiori quand celui-ci a déjà tué une femelle… De même, le choix de la saison de formation des couples est important et il faut absolument éviter de former les couples pendant ou avant la saison de reproduction. Les parades peuvent commencer en février, la ponte démarre en avril et les naissances s’étalent de fin avril à début juin. On gardera comme créneau d’appariement le dernier trimestre de l’année. Attention toutefois aux rigueurs de l’hiver lors de cette opération ; le faisan d’Edwards est relativement bien acclimaté, mais il doit être protégé du gel, en particulier quand il ne connaît pas son environnement.

  • Régime alimentaire : granivore à tendance omnivore. Une base de granulés type faisan « entretien », enrichie d’un mélange de graines type colombes et complétée par un peu de verdure et fruits de saison. Un apport de protéines animales (insectes vivants ou non, viande hachée…) est indispensable en saison de reproduction (alimentation de « chauffe »), en particulier pour l’élevage naturel des jeunes (petits vers de farine). La complémentation calcique doit également être apportée aux reproducteurs avant le début des parades pour une bonne fertilité et limiter les problèmes de décalcification liés à la ponte. On pratique également une vermifugation préventive (contre les vers ronds et vers plats) par voie orale en incorporant le vermifuge dans la ration, en janvier/février avant le début de la saison de reproduction et en juillet/août au moment de la mue.

  • Aménagement de la volière : Un couple nécessite un minimum de 15 m² avec un abri hors gel permettant de séparer éventuellement mâle et femelle. On a souvent tendance à forcer la résistance de nos oiseaux, mais l’énergie qu’ils auront dépensée pour résister au froid sera autant qu’ils n’auront pas pour leur saison de reproduction, qui est de plus précoce. Comme la plupart des faisans, ils se « branchent » pour la nuit mais, par précaution on peut ne laisser que les perchoirs des abris pour les périodes de gel. A noter aussi qu’après l’éclosion, il faut offrir suffisamment de perchoirs pour que les poussins puissent suivre leur mère jusqu'à son dortoir favori. Les Edwards étant des oiseaux relativement nerveux, il est intéressant de leur offrir un couvert végétal qui peut être varié car ce ne sont pas de grands destructeurs de plantations. On garde un espace central dégagé (pelouse ou zone sableuse…) et on aménage un réseau d’arbustes et buissons de différentes hauteurs qui formeront des brises-vues à la hauteur des oiseaux. La femelle y trouvera des cachettes propices à l’établissement de son nid ou pourra simplement échapper aux ardeurs du mâle. Dans des volières d’élevage où l’on cherche plus le fonctionnel que l’esthétique, on peut remplacer la végétation par d’autres obstacles visuels : pierres, troncs ou mêmes planches de bois et murets. De même dans les batteries de volières, les séparations visuelles sont indispensables entre les volières surtout si elles abritent d’autres Lophura ; un mâle est capable d’oublier sa femelle simplement à cause de l’excitation provoquée par un concurrent voisin qu’il voudra éloigner de son territoire. Enfin, toujours à cause de leur nervosité et lorsque cela est possible lors de la conception de la volière, il est intéressant de limiter au maximum les montants rigides du plafond de la volière : ils sont souvent causes d’accidents lorsque les oiseaux sont dérangés la nuit et décollent brutalement de leur dortoir. Dans le cadre du programme d’élevage, il faut prévoir plusieurs volières de ce type pour loger le couple reproducteur, la descendance des années précédentes en attente de son transfert, ou les futurs reproducteurs. Le transfert des futurs reproducteurs peut parfois être retardé de plusieurs saisons et même s’il nécessite des places de stockage, il est bénéfique dans la gestion de la population. Les Edwards sont matures généralement à leur deuxième année ; l’intervalle entre deux générations est donc de deux ans. Sachant qu’à chaque génération, on perd un peu de variabilité génétique au niveau de l’ensemble de la population, on limite cette perte en augmentant l’âge de la première reproduction. Mais attention quand même, passés quinze ans, la fertilité chute !

  • Cohabitation : les Lophura sont territoriaux, donc un seul couple par volière et surtout ne laissez pas les jeunes prendre leur couleur avec les parents au risque que le père les prennent pour des rivaux. C’est une espèce plutôt active, parfois nerveuse mais qui peut cohabiter avec d’autres espèces plus petites : colombidés non terrestres, passereaux… mais éviter la cohabitation avec la volaille domestique, les anatidés et les psittacidés pour des questions sanitaires (transmissions croisées de pathologies et de parasites).

  • Elevage des jeunes : donner la priorité à la reproduction et à l’élevage naturel des jeunes ! On a beaucoup appris des projets de réintroductions d’autres espèces et même des faisans destinés à la chasse : les meilleurs sujets pour la conservation et la réintroduction sont ceux élevés par des femelles expérimentées, elles-mêmes élevées par des femelles expérimentées. Cette transmission « culturelle » est tellement importante pour la viabilité des oiseaux de réintroduction que, dans les projets actuels, on essaye d’établir les élevages des futurs oiseaux à réintroduire sur les sites les plus proches de leur place de réintroduction ; ce n’est que la deuxième ou troisième génération qui est réintroduite, forte de cet apprentissage plus complet.

 

Situation de la population de faisans d’Edwards en France

Les résultats que j’ai collectés à la fin de la saison 2013 donnent pour la France : 37 Edwards chez 8 éleveurs privés (dont 16 oiseaux enregistrés dans le recensement WPA-France par 6 éleveurs) et 7 établissements zoologiques (17 oiseaux). Pour le Vietnam : 26 oiseaux détenus chez 4 éleveurs privés (2 oiseaux seulement recensés en dehors du WPA-France). A la lecture de ces chiffres, on comprend l’importance du travail des éleveurs privés et de notre association pour la sauvegarde de cette espèce ! Les principales causes identifiées du faible nombre de zoos impliqués dans ce projet tient au fait que peu de zoos s’intéressent à la présentation des galliformes : coût d’installation et d’entretien élevé, biologie et comportement inadapté aux nouvelles tendances de présentations des zoos, faible attractivité pour le grand public. Les zoos qui ont choisi de présenter cette espèce l’ont intégrée soit pour son origine géographique (zone à thématique asiatique) soit surtout pour son statut conservatoire : espèce à statut de menace élevé et bénéficiant d’un EEP. Une des principales causes d’échec du maintien de ces oiseaux en zoo, tient généralement à des problèmes de réactivité face à leurs particularités comportementales : le taux de mortalité des femelles est plus élevé en zoo que chez les éleveurs privés. Les places pour les galliformes étant déjà restreintes, un mâle célibataire finit souvent par monopoliser la place d’un couple reproducteur… De plus l’espèce est souvent considérée à des fins de présentation au public et la place n’est pas toujours suffisante pour conserver les jeunes plusieurs saisons.

Bilan 2013 : depuis deux ans, nous avons effectué un important travail de recherche des oiseaux enregistrés dans le studbook et de leur descendance, ce qui n’avait pu être fait depuis 2011. Certaines lignées s’éteignent avec leur éleveur ou se perdent dans des échanges non enregistrés, ou parfois disparaissent bêtement par une erreur de saisie d’un numéro de bague dans un registre. Retrouver la trace de chaque oiseau s’avère dans certains cas impossible et il reste encore des lignes vides dans cet inventaire. Mais le studbook devrait bientôt être à nouveau exploitable. Dans le même temps, il faut continuer l’enregistrement des naissances et des mouvements au sein de la population et établir les recommandations. C’est à cette dernière étape que notre travail de cette année a bloqué. Pour les zoos ou les éleveurs privés, le temps est une ressource rare et précieuse. Les retards s’accumulent tout au long de la ligne de communication qui est déjà assez complexe et font que les recommandations sont arrivées trop tard en saison. A cela s’ajoute la complexité de la logistique du transfert des oiseaux car toutes les régions ne sont pas desservies de la même manière. Assurer un transfert à un coût raisonnable sur de longues distances demande une logistique que nous n’avons pas réussi à mettre en place cette année.

Saison 2014 : nous espérons faire mieux cette saison et nous lançons le recensement des oiseaux du Studbook avec la parution de ce bulletin (cf. formulaire joint et lettre d’Heiner Jacken) pour permettre l’établissement des recommandations le plus rapidement possible. A noter que des échanges pourraient être envisageables lors de notre prochaine réunion à Clères en Octobre. Dans tous les cas, pour la saison 2015, les couples devront être formés avant fin janvier. Si nous arrivons à établir un planning dans ces transferts, j’espère réussir à mettre en ligne sur notre site internet les recommandations et profiter de l’aide de chacun pour faciliter l’acheminement des oiseaux à travers l’Europe. La logistique des déplacements des oiseaux pour un meilleur brassage génétique à travers l’Europe est notre challenge pour 2014 !

 

J’espère avoir le temps de compléter cet article dans nos prochains bulletins en m’inspirant de vos questions et remarques. On gagne tous à échanger sur ce sujet et les bonnes volontés sont toujours accueillies avec plaisir. Si nous échouons dans le maintien du faisan d’Edwards en captivité, il risque, au même titre que le Dodo, le pigeon migrateur et tant d’autres espèces, de rejoindre la triste catégorie des « Eteints » et de ne plus subsister qu’empailler dans une belle vitrine de musée ! C’est à nous qu’incombe la responsabilité de l’avenir de cette espèce : personne ne le fera à notre place car cela ne rapporte ni visiteurs en plus pour les zoos, ni fortune pour les marchands. Uniquement, la satisfaction personnelle d’avoir fait quelque chose de bien.

 

Liens utiles :

WPA France : http://www.wpa-france-galliformes.fr/

AFDPZ : http://www.afdpz.org/

EAZA : www.eaza.net

WAZA : www.waza.org

ISIS : www.isis.org

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