L'incubation mixte

Texte et photos de René Martin (06-2012)
 

L'incubation mixte



    Pendant longtemps, j'ai pratiqué l'incubation semi-naturelle sous poules naines, que ce soit pour  des  œufs de faisans ou des œufs de paons bleus. Les résultats, sans être exceptionnels, étaient fort satisfaisants.  J'ai  par la suite voulu appliquer cette même méthode avec mes paons verts, et là, surprise !  Les résultats se sont vite avérés différents et décevants. Beaucoup d'embryons mouraient en coquille, souvent au moment de la naissance. Les paramètres (température, hygrométrie) n'étaient sans doute pas adaptés à ces oiseaux quelque peu délicats.  De plus, une certaine consanguinité chez mes reproducteurs ne facilitait pas les choses !
    Fort de ce constat, j'ai abandonné cette méthode pourtant facile  et j'applique désormais une méthode mixte : association  poule naine- incubateur.
Les spécialistes et professionnels sont unanimes à reconnaître que les premiers jours d'incubation  sont déterminants, aussi continué-je  de faire confiance à Dame Nature pendant cette période critique. Après avoir pesé chaque œuf, j'en glisse 4 au maximum sous une poule naine, généralement installée dans une case de clapier. Sur un tableau Excel que j'ai conçu, je note le poids de chaque œuf.  Les œufs seront par la suite pesés tous les 3 jours de façon à suivre au plus près leur perte de poids et comparer cette perte avec  une courbe de référence, préalablement installée sur le tableau.  Si au terme  de ces 3 premiers jours  je constate déjà une anomalie (perte de poids nettement excessive ou insuffisante) sur 1 œuf, je le transfère en incubateur. Je possède 2 incubateurs  électroniques de " correction " : l'un reçoit les œufs en perte de poids excessive, l'autre les œufs en perte de poids insuffisante. Un réglage du taux d'hygrométrie (adapté à la moyenne des pertes ou excès de poids) permet de corriger la majorité des problèmes. Les œufs au développement normal restent  sous poule jusqu'à ce qu'une correction éventuelle s'avère nécessaire, et au plus tard (pour les " sans faute") jusqu'au 12ème jour où ces derniers intègrent, eux aussi, un incubateur, mais  classique (T=37.5° ; H=55%) ;  les 3 derniers jours, tout le monde se retrouve en éclosoir avec un taux d'hygrométrie élevé nécessaire (70 à 80%) que la poule naine n'aurait bien sûr pas géré. Les œufs sont  particulièrement surveillés  durant ces 3 jours.  Dès qu'un bêchage important  est  remarqué,  l'œuf retourne à ses origines : sous  une poule " en attente " (sur un œuf factice), pas forcément d'ailleurs celle qui avait commencé l'incubation. Idem pour les poussins qui naissent  à mon insu : ils sont immédiatement glissés sous la poule qui les accepte sans problèmes.
    En résumé, donc : 3 à 12 jours sous poule en début d'incubation, la suite  en incubateur et éclosoir et retour sous poule dès la naissance. Surveillance et correction continues  de la perte de poids des œufs.
    Ce système présente un triple avantage :
1- Celui d'une surveillance et, éventuellement, correction  des paramètres d'incubation  après avoir laissé la poule naine gérer la  période la plus délicate.
2- Un élevage  semi-naturel  sous poule naine après naissance.
3- Une gestion aisée du parc " poules " dès l'instant où  leur rôle ne consiste qu'à couver des séries d'œufs pendant quelques jours  et à  accueillir 2 ou 3 poussins…  4 ou 5 semaines après leur premier jour de couvaison.

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