L'élevage des faisans à longue queue

     Bien qu'il s'agisse d'espèces de débutants, le problème principal de ce genre est l'extrême agressivité des mâles envers les femelles dans des volières de taille réduite.
    Celles-ci ne devront donc pas être inférieures à 20-25m², et bien plantées, de façon à fournir des échappatoires à la femelle lors de la période de reproduction.
    L'élevage en grands parquets est aussi une alternative possible et intéressante, les oiseaux ayant un comportement plus naturel.
    A l'exception du faisan de Soemmerring, qui doit être détenu en couples, les femelles se supportant difficilement, ou isolément en dehors de la saison de reproduction, nous conseillons d'élever les autres espèces en trio, un mâle pour deux femelles, ce qui permet d'atténuer l'agressivité du mâle, ou tout du moins de la reporter alternativement sur l'une ou l'autre femelle. Trois femelles pour un mâle est aussi un ratio correct pour le faisan vénéré, le plus agressif de tous puisqu'il n'hésite pas à attaquer les humains.
    Les espèces de ce groupe sont rustiques, résistantes au froid et même à l'humidité, c'est pourquoi nous pensons qu'il s'agit d'espèces à conseiller aux débutants. Néanmoins, un abri non chauffé peut se révéler utile en cas de forte pluie ou de vent fort.
    Ces espèces étant très proches des Phasianus, l'alimentation des adultes peut consister en granulés «» uniquement, mais nous préférons ajouter quelques fruits et légumes coupés en morceaux, surtout pour les mikados, voire de la pâtée insectivore au moment de la reproduction.
    Les femelles Syrmaticus adoptent bien les nichoirs, cageot dans un coin de l'abri, caisse au sol ou en hauteur. Dans tous les cas, il faut couvrir le nichoir d'un toit qui masque la femelle aux yeux du mâle. Elles sont aussi parfaitement capables de faire un nid au pied d'un arbuste les protégeant.
    La ponte débute généralement fin mars-début avril, la parade du mâle, dès les beaux jours de février, permettant d'annoncer le début de la période de reproduction. Les femelles couvent bien et savent élever leurs jeunes. Toutefois, dans le cas des faisans de Soemmerring (à l'exception peut-être du faisan d'Ijima), nous conseillons de séparer le mâle durant la saison d'élevage des jeunes car il peut se montrer extrêmement agressif envers la femelle ou les poussins, bien qu'il s'agisse plus de caractères individuels que nous ne voudrions pas généraliser. Nous avons connu des mâles Soemmerring ne posant aucun problème.
    L'incubation artificielle est facile à 37,5° C et 40-45 % d'hygrométrie pour l'Elliot, le Hume et le Mikado, 50 % pour les deux autres espèces.
Les poussins des faisans de Reeves et de Soemmerring se montrent d'une agressivité remarquable durant les premiers jours de leur vie, n'hésitant pas à se battre entre eux ou à attaquer les poussins d'autres espèces, allant jusqu'à les tuer. Une fois la hiérarchie établie dans le groupe, l'agressivité diminue. En revanche les poussins des autres espèces sont plutôt placides et peuvent être élevés avec ceux d'autres espèces. Nous avons aussi noté, chez le faisan vénéré, deux phases de couleur chez les poussins, qui pourraient bien correspondre à un dimorphisme sexuel.
    L'alimentation des faisandeaux est des plus simples avec les aliments composés actuels et ne pose aucun problème. Toutefois, en cas d'élevage artificiel, les poussins d'Elliot et de Hume peuvent montrer quelques difficultés à manger seuls les premiers jours de leur vie et il faut parfois les inciter à s'approcher du plat à nourriture.
    A l'exception du faisan de Soemmerring, chez qui les mâles de l'année peuvent tuer leurs sœurs, les jeunes peuvent rester ensemble jusqu'au printemps suivant leur naissance à ce moment, il est nécessaire de séparer les sexes.

par Alain Hennache
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Pour en savoir plus

MONOGRAPHIE DES FAISANS

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