L'élevage des hokis

     Les hokis sont des faisans familiers, tout comme les tragopans, bien que les mâles soient nettement plus turbulents que chez ces derniers, en particulier les mâles des hokis bleus et des bruns. Ils se laissent facilement approcher en volière et viennent même manger dans la main de l'éleveur. Il faut toutefois prendre garde aux coups de becs des mâles, surtout en période de reproduction
    Ce sont des faisans très résistants qui ne nécessitent qu'un abri rustique pour se protéger de la pluie et du vent.
    Les hokis sont ordinairement logés en couples, spécialement les bleus et les bruns, très territoriaux, mais nous entretenons à Clères, depuis des années, un trio de hokis blancs Crossoptilon crossoptilon drouyni sans aucun problème, les deux femelles étant également fécondées par le même mâle.
    La surface de la volière doit être de 25m² au moins pour un couple. Le sol doit être d'autant mieux drainé qu'il s'agit d'espèces «». Ce sont même les recordmen absolus dans ce domaine parmi tous les faisans, talonnés par les lophophores. Si la volière est plantée, il est impératif de protéger les racines des plantes par un grillage ou des dalles de jardin. Les rochers ou les troncs parsemés sur le sol de la volière sont également appréciés pour le perchage diurne et au moment de la reproduction. Ce sont des endroits privilégiés d'où le mâle marque son territoire par des cris retentissants.
    La nourriture consiste en aliments composés «» faisans, à environ 19% de protéines auxquels on ajoutera quelques graines (blé) et surtout un lest végétal sous forme de fruits, légumes, racines. Faute de quoi, les hokis, particulièrement les jeunes, ont tendance à se piquer et à arracher les plumes de leurs congénères.
    La saison de reproduction commence dès mars, par les cris des deux partenaires, mais ce n'est qu'en avril que l'activité va atteindre son apogée. Nous avons observé peu de vraies parades en captivité, si ce n'est des courses poursuites du mâle derrière la femelle, parfois pendant un temps assez long, mais Franck Vandenbulcke (in litt) aurait observé des parades latérales analogues à celles que nous avons décrites plus haut.    Le hoki blanc est plus calme que le bleu et le brun, ses courses sont plus rares et nous avons pu observer des postures d'offrande, la mâle appelant la femelle par des cris répétés et saisissant de menus fragments végétaux.
    La ponte commence début mai en Normandie, généralement dans une excavation que la femelle a creusée, de préférence sous un arbuste. Elles ne semblent pas attirées par les nichoirs, si chers aux autres espèces de faisans. Faute de buisson, la femelle peut pondre à même le sol, sans faire de nidil faudra alors ramasser les œufs tôt le matin (et vérifier une éventuelle ponte en soirée) si l'on veut éviter que ceux-ci soient dévorés par le mâle. Il serait alors difficile de lui faire perdre cette habitude. En captivité la ponte est de 6 à 12 œufs, mais elle peut être beaucoup plus importante. Une femelle de hoki bleu a ainsi pondu 28 œufs en une saison, sans montrer d'intervalle inter-ponte très marqué. Ces pontes trop importantes épuisent les femelles, il faut donc veiller à les supplémenter en vitamines et sels minéraux et ne pas avoir peur d'augmenter la teneur de la ration en protéines.
    L'incubation artificielle se pratique à 37°6. L'hygrométrie varie suivant les espèces, les bleus se développent parfaitement à 50% alors que les bruns nécessitent 45% et les blancs 40% en moyenne. La durée d'incubation est plus courte chez les blancs24 jours contre 26 à 27 jours chez les bleus et les bruns.
    L'élevage des jeunes se pratique à la main ou sous poule couveuse. Les poussins ne sont pas timides et mangent seuls rapidement. Il faut, pour ces espèces, constituer des lots monos pécifiques (ou à la rigueur incluant une autre espèce de hoki) du même âge car les poussins sont batailleurs et agressifs envers des faisandeaux plus petits qu'eux. La nourriture consiste en semoulette premier âge à laquelle on ajoute quelques vers de farine les premiers jours, puis de la verdure dès l'âge d'une semaine. On augmente progressivement la verdure et les fruits (pomme surtout), tout en passant à un granulé deuxième âge vers 4 ou 5 semaines, pour atteindre la ration des adultes vers l'âge de trois ou quatre mois. Les jeunes vivent bien en groupe et reproduisent rarement avant l'âge de deux ans.
    Les jeunes ne sont pas faciles à sexer faute de dimorphisme sexuel. Vers l'âge de cinq mois, dans un groupe homogène, il est possible de distinguer les mâles, plus hauts sur pattes, possédant un ergot volumineux et acéré alors que celui des femelles est petit et émoussé. La croissance de l'ergot a été suivie chez des mâles de Harman captifs par Lu et Wu (2003)il apparaît à l'âge de deux mois et croit jusqu'à l'âge de 15 mois, les ergots de la femelle adulte sont plus petits que ceux de mâles âgés de 11 mois.
    Comme tous les faisans montagnards, les hokis sont très sensibles à l'aspergillose, surtout les blancs d'après notre expérience.


par Alain Hennache
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Pour en savoir plus

MONOGRAPHIE DES FAISANS

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