L'élevage du faisan de Salvadori

Le faisan de Salvadori n’est pas très courant en captivité, surtout en France. Le premier élevage a été réussi par Roger Houpert et Raoul Lastère, à Montléry en 1976, puis par Charles Sivelle, aux U.S.A., en 1977.

Il existe aujourd’hui quelques élevages en Europe dérivant d’un nombre réduit d’importations. Pour notre part, nous l’avons élevé plusieurs fois à Clères depuis 1992.

Le faisan de Salvadori se garde en couple. Les liens du couple semblent d’ailleurs assez marqués, plus que chez les autres espèces de Lophura traitées précédemment. En revanche, nous avons rencontré quelques difficultés lorsqu’il a fallu refaire des couples avec des oiseaux adultes, la poule pouvant se montrer aussi agressive que le mâle envers son congénère. Une femelle a ainsi tué deux mâles successivement avant d’en choisir un troisième, définitivement cette fois. Un mâle a scalpé sa nouvelle compagne après seulement trois jours de vie commune...

Ce faisan n’est pas très sensible au froid mais il est tout de même conseillé de lui prévoir un abri hors-gel. Une volière de 20 à 25 m² suffit à l’entretien d’un couple.

La nourriture est la même que celle donnée au faisan d’Edwards et au faisan de Swinhoe, à base de granulés auxquels on ajoute un peu de graines et de verdure.

Bien qu’acquérant le plumage adulte la première année, les faisans de Salvadori ne reproduisent généralement pas avant l’âge de trois ou quatre ans.

Le mâle parade plus tard que les faisans d’Edwards et de Swinhoe, vers mars-avril, et les premières pontes surviennent en avril-mai mais elles peuvent se poursuivre tardivement : l’une de nos poules a ainsi pondu début septembre. Le faisan de Salvadori semble préférer des nids accrochés à faible hauteur, plutôt que des nids au sol. Une simple caisse accrochée entre 80 cm et un mètre du sol suffit comme nichoir. Il n’est pas besoin de la couvrir, la poule se blottissant généralement dans le coin de la caisse correspondant à l’angle des murs. La taille de la ponte est faible pour un Lophura puisqu’elle dépasse rarement 2 œufs, le maximum étant de quatre œufs.

L’incubation est de 22-23 jours. Les conditions d’incubation artificielle sont de 37°6C pour 58 à 60% d’hygrométrie.

Pour notre part, compte tenu de la rareté de l’espèce, nous pratiquons l’élevage artificiel mais nous connaissons des éleveurs qui réussissent très bien l’élevage naturel par la mère.

Comme l’a signalé, le premier, Roger Houpert, le poussin est gros pour un poussin de Lophura. Il est souvent nécessaire de l’inciter à manger les deux premiers jours en l’appelant et en lui présentant quelques vers de farine mous imprégnés de semoulette premier âge. C’est un poussin confiant, qui s’élève sans difficulté particulière avec des aliments composés du commerce.

 


par Alain Hennache
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Pour en savoir plus

MONOGRAPHIE DES FAISANS

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